Sam Chevalier
Quand le deuil brasse tout, parler aux défunts peut apaiser. Découvrez des approches respectueuses pour ouvrir ce dialogue intérieur. Lisez la suite.
Perdre quelqu’un qu’on aime laisse un grand vide. Pour certaines personnes, tenter d’entrer en contact avec un défunt apporte un baume au cœur et aide à traverser le deuil plus doucement. Est-ce vraiment possible? Comment s’y prendre sans se perdre? Voici un tour d’horizon des principales approches pour communiquer avec les défunts, afin que vous puissiez choisir ce qui résonne pour vous.
Plusieurs intervenants en deuil constatent que parler au défunt – à voix haute, en pensée ou à travers un intermédiaire – peut alléger la douleur et donner un sens à ce qu’on vit. Le deuil n’est pas une ligne droite, mais on évoque souvent sept étapes qui, selon les personnes, se chevauchent ou reviennent par vagues:
On ajoute parfois une huitième étape, la reconstruction: une forme de résilience qui permet d’amorcer une vie nouvelle, sur d’autres bases. Pour plusieurs, la communication avec le défunt aide à apaiser le sentiment d’abandon, à diminuer la culpabilité et à renouer avec un fil d’amour qui ne s’est jamais rompu. Pendant longtemps, on recommandait d’éviter de penser aux morts ou de leur parler; aujourd’hui, on reconnaît davantage que maintenir un lien intérieur peut être salutaire et respectueux du chagrin. Comme si l’être cher n’était pas loin, un peu «dans la pièce d’à côté».
Il existe plusieurs façons d’ouvrir ce dialogue. Deux approches ressortent particulièrement: l’accompagnement par un ou une médium, et l’IADC (Induced After-Death Communication, ou communication induite avec les défunts).
Recourir à un médium permet d’entrer en contact avec le défunt à travers une personne qui capte et transmet les messages. Cette avenue est souvent appréciée parce qu’elle ne demande pas d’apprentissage technique de votre part: c’est le ou la médium qui tient l’espace, vous guide et verbalise ce qui se présente. Plusieurs y trouvent:
Si vous optez pour cette voie, fiez-vous à votre ressenti et choisissez une personne éthique et respectueuse de vos limites émotionnelles. Un bon accompagnement laisse de l’espace à vos questions, sans pression ni promesses irréalistes.
L’IADC est une approche développée par le Dr Allan Botkin, inspirée de l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une méthode thérapeutique qui utilise des mouvements oculaires ou des stimulations alternées pour aider le cerveau à retraiter des souvenirs douloureux. L’EMDR est employée par des cliniciens pour réduire l’impact de chocs émotionnels majeurs; le deuil, on le sait, peut en être un.
En adaptant ce cadre au deuil, le Dr Botkin a observé que, lors de certaines séances, des personnes rapportaient des perceptions sensorielles du défunt: impressions visuelles, auditives, voire physiques. Il a alors peaufiné un protocole spécifique, l’IADC, pour favoriser ce type d’expérience. Selon ses observations et celles de thérapeutes formés, environ les deux tiers des participants vivraient un contact avec le défunt durant la séance. Pour beaucoup, cela allège la culpabilité, le sentiment d’abandon et accélère un deuil plus apaisé.
Précisions importantes:
Qu’il s’agisse d’un message reçu par l’entremise d’un médium ou d’une expérience vécue en IADC, beaucoup décrivent une sensation de paix et de proximité avec l’être aimé. Cette rencontre intérieure amène souvent une compréhension nouvelle: la mort n’est pas une fin, mais une étape du chemin. On prend aussi un peu moins peur de sa propre finitude. L’enveloppe a disparu, mais la présence demeure – discrète, bienveillante, juste à portée de cœur.
Communiquer avec un défunt peut soutenir le deuil et aider à retrouver un peu de douceur au quotidien. Que ce soit via un médium ou l’IADC, avancez à votre rythme, bien entourée et avec respect pour vos émotions.

Samuel Jarod

Marilou

Sophie Lajoie